Le Parisien

Parution du : 29/01/2007

L'union sacrée pour sauver 3 000 emplois

L'événement
AUX GRANDS MAUX, les grands remèdes. Face à la situation désespérée d'Altis, l'union sacrée se met en marche.
La région, le département, tous les syndicats de l'Essonne et le patronat viennent, cas rarissime, d'envoyer un courrier cosigné à Nicolas Sarkozy, non pas le candidat, mais le ministre de l'Aménagement du territoire, afin de sauver l'usine de puces électroniques de Corbeil. Mais ils ne comptent pas en rester là. Dans les tuyaux prochainement, une campagne de pub dans les médias pour alerter l'opinion publique. Au total, 3 000 emplois sont dans la balance.
« On veut en faire un dossier emblématique, prévient Daniel Brunel, vice-président PC du conseil régional. C'est l'avenir de la filière électronique en Ile-de-France qui se pose. L'Etat doit réagir comme il l'a fait précédemment en défendant la société Alstom. » Et le conseiller général PC Bruno Piriou de suggérer : « L'Etat doit trouver les moyens d'un nouveau projet industriel avec des groupes européens comme Thales. » Neuf mois après l'annonce du plan social, l'inquiétude est à son paroxysme.
Les négociations sont totalement bloquées. L'absence de repreneurs se fait de plus en plus criante, les actionnaires et clients, IBM et Infinéon, se retirant d'ici à 2009. Une demi-douzaine de sociétés semblent sur les rangs. Mais « rien de solide », selon les syndicats. Et pourtant, tous crient à l'urgence.
 
« Un futur Vilvoorde à la française »

Le site fait vivre tout le bassin, avec 3 000 emplois directs et indirects. Du coup, son départ fait figure de désastre pour Evry-Corbeil, voire pour le département tout entier. Sans parler de la perte fiscale qui mettrait un peu plus à mal l'agglomération Seine-Essonne et Corbeil. Le député PS Manuel Valls craint même « un futur Vilvoorde à la française », référence à la fermeture de l'usine Renault en Belgique, laissant environ 3 000 personnes sur le carreau.
Jusqu'à présent, la mobilisation des élus s'est révélée impuissante. Dès le printemps, députés de gauche et de droite, mais aussi présidents du département et de la région, tous ont pris leur plume pour saisir le gouvernement. Sans résultat. Au grand dam des salariés, qui finissent par ne plus vraiment y croire.

Agnès Vives