Le Parisien

Parution du : 11/01/2007

Corbeil - Le Coudray-Montceaux

Altis bloque sur les horaires

EN CE DÉBUT D'ANNÉE, l'heure est aux bonnes résolutions. La direction d'Altis n'échappe pas à la règle. Dans un courrier adressé cette semaine aux salariés de l'usine de semi-conducteurs de Corbeil, elle formule le voeu d'adopter de nouveaux horaires de production. Le personnel réparti en quatre équipes passerait douze heures sur le site contre huit actuellement. Un mode de travail qui correspond à « l'organisation de la quasi-totalité des repreneurs intéressés par un rachat d'Altis ».

« On reste opposé à ce mode de travail, mais on veut sauver le personnel et adoucir le passage aux 4 x 12 »

Bref, c'est la solution pour sauver le site. Car d'ici deux ans, les clients et
actionnaires de l'entreprise, IBM et Infinéon, ont décidé de se retirer. Mais les syndicats refusent ce voeu. Ils devraient le rappeler aujourd'hui lors d'une énième réunion dans le cadre du plan social ouvert en avril. Au total, 424 postes sur 1 946 doivent être supprimés.
« C'est purement et simplement une régression sociale, dénoncent Force ouvrière, la CGT et la CFTC. C'est du jamais-vu en France dans la branche métallurgie. Mais derrière, nous n'avons aucune garantie que le repreneur soit solide. » Et les organisations syndicales de s'appuyer sur le constat livré en octobre par leurs confrères d'outre-Rhin d'IG Metall. Des usines allemandes ont expérimenté ces horaires. Sans résultat. « D'autres pistes existent », arguent les trois syndicats qui se veulent « constructifs ». « Beaucoup d'économies sont à réaliser sur des bâtiments
aujourd'hui vides. » La Caisse des dépôts et consignations est d'ailleurs intéressée. « Nous étudions cette éventualité, répond Franck Bermond, à la direction de l'emploi et la communication. Mais l'optimisation du site n'assurera pas un avenir sur le long terme. »
La CFDT, de son côté - après neuf mois de négociations qui ont accouché d'une souris -, a décidé de reprendre la discussion. « On reste opposé à ce mode de travail. Mais on veut sauver le personnel et adoucir le passage aux 4 x 12, justifie Frédéric Brunier, secrétaire du comité d'entreprise. Néanmoins, nous ne signerons un accord qu'à la seule garantie d'un repreneur sérieux. » D'ici là, le personnel, passablement désabusé, devrait être consulté.

Agnès Vives