PRÉSENTATION DU PRÉSIDENT
DE L'ASSOCIATION POUR LE DROIT DE VOTE ET LES
DROITS CIVIQUES
POUR LES CITOYENS ET LES CITOYENNES CHILIENS
RÉSIDANTS A L’ETRANGER
JUAN ANTONIO GARRIDO
AUDITORIUM DE LA MAISON
D'AMERIQUE LATINE À PARIS
LE 8 SEPTEMBRE
2006
Autorités, compatriotes, chers amis,
En organisant cet Acte,
l'Association pour le Droit de Vote souhaite célébrer sa légalisation comme
Association 1901, et célébrer également notre Anniversaire, le N° 17, .17
années de lutte, puisqu’un jour comme celui-ci en septembre 1989, à l'Hôtel
Lutetia, a été organisée une émouvante
rencontre entre la communauté chilienne et le candidat Patricio Aylwin
et sa suite. C‘est à cette occasion que nous avons demandé à celui qui était
candidat à la Présidence de la République pour la "Concertation pour la
Démocratie", s’il était élu, qu’il nous accorde, comme citoyens et
citoyennes chiliens libres et égaux en droit, le droit de voter dans les
élections d'importance nationale. À ses côtés étaient l'actuel Ministre des
Relations Extérieures M. Alejandro Foxley Rioseco et l'actuel Sénateur M. Carlos
Ominami.
Le Président Aylwin a tenu sa promesse lors de la présentation en janvier 1991
par plusieurs députés dirigés par M. Carlos Dupré Silva, (Elgueta, Bosselin,
Rojo, Reyes, Matta, Molina, Pizarro et Velasco) d’un projet qui modifiait la
Loi Organique constitutionnelle N° 18.700 sur les votes populaires et les
scrutins et qui nous permettrait
de voter.
Après une série de vicissitudes,
ce projet a été approuvée en 1994 à l'unanimité des deputes présents dans la
salle de la Chambre de Députés et, en mars 2001, la Commission du Gouvernement,
Décentralisation et Régionalisation du Sénat, a approuvé le projet de loi par 3
votes « pour », ceux des sénateurs Carmen Frei (DC), Carlos Cantero
(RN) et Ricardo Núñez (PS), et 2 votes « contre » des sénateurs Marco
Cariola (Indépendant UDI) et Julio
Canessa (désigné). Depuis ce jour, le projet de loi est "gelé" au
Sénat.
Vu l'état d'hibernation du projet
du député Carlos Dupré au Sénat, en juillet 2005, les députés Isabel Allende,
Rossi, Bustos, Aguiló, Montes et Encina ont présenté un second projet de loi,
et en juin 2006, le Congrès a reçu un message de la Présidente Michelle
Bachelet qui accordait l’urgence simple à ce projet.
Un des intervenants nous donnera
l'état d’avancement dans lequel se trouvent ces 2 projets au Congrès National
et nous rapportera la déclaration publique d'un important parti politique
favorable à ce projet, ce qui augmente la probabilité qu'il soit approuvé pendant
la Présidence de Michelle Bachelet.
NOTRE ASSOCIATION
Notre Association est devenue une
organisation non gouvernementale de la société civile chilienne résidante en
France et se définit comme un groupe de citoyennes et citoyens ouvert à toutes
les sensibilités politiques, religieuses et philosophiques. Nous voulons
reprendre cette noble tradition démocratique chilienne : combattre pour des
valeurs et des principes. Notre objectif est d'aider à perfectionner notre
régime démocratique et Républicain sur le plan des Droits Civiques.
Notre Association a été
légalement constituée le 14 juin 2006 et sa
création a été publiée dans
le "Journal Officiel de la
République Française" No. 29 - Année 138 daté du 22 juillet 2006.
UNE OPINION SUR LE DROIT DE VOTE
Je souhaiterais mentionner une
opinion importante sur le droit de vote. Dans le Séminaire qui a eu lieu à Santiago,
en novembre 2002, le professeur de droit constitutionnel M. Arturo Fermandois a
commencé son exposé en affirmant que la Constitution Politique de la République
du Chili confère le droit de vote à tous les citoyens chiliens qui conservent
leur nationalité, et que le projet de loi en discussion (modification de la loi
No.18.700 sur les votes et les scrutins) ne cherche pas à accorder ce droit, mais à
supprimer les obstacles pour pouvoir l'exercer.
Donc, il s’agit d’une anomalie
législative que le législateur doit régulariser pour faire respecter
exactement ce que dicte la Constitution de la République.
Il ne s’agit pas du principe
"d'accorder", mais de régulariser le droit de vote aux
citoyens et citoyennes chiliens résidants à l’étranger, comme le considère la
Constitution elle-même dans son article 18 (confirmée par la réforme de 2005),
en disant textuellement qu’une « loi organique constitutionnelle déterminera
son organisation et son fonctionnement, réglera la manière d’effectuer les
processus électoraux et plébiscitaires, dans tout ce qui est non prévu
par cette Constitution.
UN PROBLEME DE
PRINCIPES
L'être
humain est un. Et ses droits fondamentaux constituent une unité indivisible.
Priver un être humain d‘une partie de ses droits fondamentaux équivaut à tous
les refuser.
Nous répétons que tous les Droits Humains sont universels, indissociables et intimement liés entre eux.
C'est le devoir de l'État et des législateurs, quel que soit le système
politique, économique et culturel, de promouvoir et de protéger tous les Droits Humains et toutes les Libertés Fondamentales.
L'opinion publique chilienne doit prendre
conscience de la portée de cette régularisation, puisqu'elle accorde la
véritable légitimité au vote présidentiel et aux plébiscites.
LA REGION DE
L’EXTERIEUR
La Région de l'Extérieur
représente, selon le dernier recensement réalisé pour déterminer le nombre de
chiliens résidants à l'étranger, environ 867.000 personnes. Approximativement
629.000 chiliens (73 %) ont manifesté leur désir de prendre part aux élections.
A mon avis, pour une population de 15.6 millions, le Chili compte plus d’un
million de personnes vivant en dehors de ses frontières, ce qui est un pourcentage très élevé. La France compte
seulement 2 millions de personnes à l’étranger sur une population de plus de 60
millions.
Devant la nouvelle situation du
monde globalisé, les communautés chiliennes ce sont bien réadaptées et
présentent de grandes potentialités intéressantes pour le pays. Tout d'abord, elles sont présentes sur tous les
continents (l’Amérique, l'Europe, l'Afrique, l'Asie et l’Océanie) ; deuxièmement,
elles ne sont pas concentrées seulement dans les grandes villes comme
auparavant mais distribuées dans tout le pays ; et comme troisième élément, il
y a eu une insertion économique qui transforme chaque chilien qui devient un
lien économique, professionnel ou culturel potentiel avec le Chili.
Nous croyons dans la nécessité
d'intégrer et de faire participer les Communautés de l'extérieur au
développement du Chili. Organiser et stimuler les Communautés (tâche de
l'actuelle DICOEX) pourrait permettre au Chili de produire une synergie décrite
par la devise "les Chiliens aident les Chiliens", et se traduire, sur
le plan économique et commercial par exemple, dans un effort important pour
augmenter l’offre de produits chiliens exportables, produisant ainsi des
emplois, en développant la petite et moyenne industrie exportatrice, ce qui
entrainera une plus grande prospérité
pour tous. Le Ministre Foxley en était conscient quand il a dit dans un
discours devant le Congrès que le Chili devait occuper les multiples canaux que
lui offre ce monde globalisé.
LA SOLIDARITE DE
L’EXTERIEUR
En effet, les chiliens résidant à
l'étranger de nos jours, contribuent en réalisant des transferts d'argent, soit
pour aider leurs familles, soit pour effectuer des investissements (par ex :
acheter leur maison pour leur retraite, investir dans de petites entreprises,
etc.), mais il y a aussi un important flux d'aides issues des organisations culturelles,
sociales, sportives et des campagnes pour les catastrophes naturelles ou autres.
Longue serait la liste concernant les aides généreuses, altruistes et anonymes qu'effectuent les chiliens vivant à l’étranger, jour après
jour.
La plupart des pays avancés
stimulent et développent leurs liens avec leurs communautés à l’étranger, parce
que celles-ci sont un potentiel insoupçonné, tant sur le plan économique et
politique, comme sur le plan culturel et technologique.
La République du Chili doit
continuer à étendre sa vision et considérer que « le Chili : nous le
sommes tous », et un premier pas est de régulariser le droit de
vote de tous ses citoyens, ce qui
devient une valeur symbole.
Symbole d'unité, de démocratie et
de fraternité.
Merci beaucoup
Fin.