Madame, Monsieur le
Député,
Après le Conseil des Ministres
du 8 février, les parlementaires devront se prononcer sur un texte préparé dans
la plus grande discrétion quant à la question des
O.G.M.
L'enjeu est d'importance :
alors que les citoyens ont régulièrement exprimé leur volonté de ne pas voir
d'O.G.M. dans leurs assiettes, les ministres veulent nous les imposer dans les
champs.
Or il est évident que cette
décision amènerait une situation incontrôlable du fait de contaminations liées à
la circulation des pollens en plein air. Pas plus que la frontière française
n'arrêta en son temps le nuage de Tchernobyl, la clôture des champs de nos
agriculteurs ne stoppera les insectes porteurs de gènes mutants produits par des
apprentis sorciers.
Or on connaît les inquiétudes
légitimes des citoyens face aux O.G.M. : risque pour la diversité des espèces,
risques socio-économiques pour les paysans qui perdront peu à peu la propriété
de leurs semences et leur liberté de choix quant à leur mode de production,
risque pour la santé, les O.G.M. permettant de renforcer par exemple les
concentrations de produits chimiques sur les plants alors que leur nocivité pour
le consommateur ne fait plus de doute.
C'est pour ces raisons que de
nombreuses municipalité sont fait le choix d'exclure les O.G.M. de leurs
restaurants publics, scolaires et autres. Cette réflexion a souvent été le
départ de démarches qualité renforcées, par le recours au moins ponctuel à des
critères tels que la certification BIO pour sélectionner nos fournisseurs et
ainsi offrir des prestations de qualité à nos convives, notamment les élèves des
écoles.
C'est le cas de la Ville de
Lorient qui se fournit ainsi chez des producteurs de votre
circonscription.
Si la loi de dissémination des
O.G.M. dans la nature est votée, ces démarches seront mises en péril, ainsi que
le travail important réalisé avec le monde agricole pour tendre vers plus de
qualité. Du
jour au lendemain, un paysan Bio peut être contaminé et perdre tous ses
contrats, comme celui qui le lie avec nous. Ce serait des années d'efforts
des politiques publiques qui s'écrouleraient, en remettant en cause la
transparence démocratique du contenu de nos assiettes. Et ce, au mépris des
inquiétudes citoyennes et en faisant fi des incertitudes scientifiques.
N'oublions pas que si les abus de l'agriculture intensive (pesticides et autres
produits polluants)ont fait des dégâts, ceux-ci sont réversibles dans le temps.
Avec les O.G.M., on ne fera pas machine arrière, toute mutation génétique
sera irréversible.
Alors, Monsieur le Député, je
vous saurais gré de prêter attention à ce débat majeur et de ne pas voter une
loi qui mettrait en péril l'action conjuguée de nombreuses municipalités et
d'agriculteurs de votre territoire.
Avec mes sentiments distingués.
Yann SYZ,
Maire-Adjoint de Lorient