Recommandations de culture (1ère partie)
Petit rappel, le jardin de La Chapelle, sans être violemment écolo, ne connaît aucun pesticide. Si une espèce ou une variété est infestée par une maladie, elle est supprimée avant prolifération et rayée du plan de culture, n’étant pas adaptée visiblement aux conditions d’ici. Pour ce qui est des pucerons, hantises de nombreux jardiniers, les coccinelles font remarquablement le ménage. A ce propos, un ami, Gilles Lèbre, qui dirige un jardin du réseau Cocagne (jardin bio de re-insertion, commercialisé par abonnement de panier hebdomadaire) m’a fait remarquer la supériorité des coccinelles indigènes sur les achetées. En effet, les prédatrices élevées sont en générale bien plus carnassières, et ont tendances à tout bouffer, même les autres prédateurs de petites tailles qui peuvent les soutenir dans leur travail. Mais comment se fournir en coccinelles indigènes ? La solution de la collecte à la main est fastidieuse, par contre essayez de repérer un champs de luzernes, et le jour du fauchage, demandez gentiment au faucheur de pouvoir récupérer sur la bâche de la barre de coupe, les coccinelle qui s’y seront accumulées. Trois à quatre grosses poignées transportées en sac plastique, seront largement suffisantes pour nettoyer un potager de 2 ares. Vous pourrez observer rapidement tout ce petit monde rouge, boulotter et surtout pondre des œufs donnant naissance à des larves qui nettoierons consciencieusement les grappes de pucerons.
Autre hantise au potager l’herbe, il faut biner, souvent. Un peu obligé de se casser le dos et d’y mettre les doigts, car quand on veut proscrire les pesticides, les mauvaises herbes ont bien vite fait de vous remettre dans la réalité. Avec la chaleur lourde alternant aux orages, il a bien fallu désherber, brin par brin les semis. Une fois les plants de légumes bien développés, la binette est passée une fois tous les quinze jours entre les rangs. Enfin, dès qu’une culture est arrachée je travaille aussitôt le sol pour provoquer la germination des adventices, puis retravaille du sol pour les enfouir. Bien sûr pour les cultures en place assez longtemps et au développement important rien ne vaut un bon paillage. La technique consiste à couvrir le sol pour empêcher le développement des mauvaises herbes. Les modernes étalent sur le sol des plastiques noirs micro-poreux du plus belle effet.
Étant plutôt postmoderne, je préfère des produits d’origines organiques, même s’ils sont moins efficaces en laissant passer quelques liserons, ils permettent de faire un apport transformé en humus l’année suivante. Pour des raisons essentiellement de coût et d’approvisionnement, j’utilise beaucoup de paille. Elle peut apporter quelques graines mais beaucoup moins que la paillette de lin très à la mode dans les revues de jardinage (normal ça se vend en jardinerie). Son abondance, son faible coût, et sa facilité de mise en place sont de vrais atouts. Attention d’utiliser une paille produite par un céréalier pas totalement accrocs aux pesticides mais surtout n’hésitez pas à en mettre beaucoup, sur au moins quinze à vingt centimètres d’épaisseur.
Prenez la peine aussi de bien arroser votre paillage pour le compacter et éviter qu’un inopportun coup de vent vous en face une jolie meule dans un coin du jardin. Autre paillage entièrement gratuit, les tontes de pelouse. Certains les jettent à la déchéterie, pourtant elles sont une bonne base de compost mais surtout un paillage efficace. Juste deux précautions : ne pas étaler ces tontes trop près des jeunes plants de légumes car elles chauffent très vite et peuvent littéralement cuire vos jeunes légumes et au printemps ces jeunes graminées broyées à la tondeuse sont très riche en azote et peuvent donner un coup de fouet fatidique à vos jeunes plants, alors pas de tontes à moins de vingt centimètres des pousses. Dernier paillage, la sciure récupérée en scierie, efficace, elle met longtemps à se dégrader et à tendance à acidifier le sol.
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