Quatre
petits jours d’escapade méridionale et l’occasion
de faire un tour sur un marché entre Marseille et Toulon.
Densité de population vacancière un peu épuisante,
mais surtout un drôle de constat : Le marché était
beau même très beau, plusieurs maraîchers vendant
en direct un grand et beau choix de légumes et plusieurs
poissonniers avec de superbes poissons de pèches locales.
De
quoi satisfaire une curiosité gourmande légitime.
Et bien c’est là que je suis surpris,
avec des prix égaux, voir inférieur aux grandes
surfaces locales, les vacanciers sont assez casaniers dans leurs
habitudes alimentaires.
Par exemple, plusieurs
maraîchers proposaient une magnifique petite variété
locale de poivron, le petit marseillais, à coté
des habituels gros poivrons carrés, de couleurs pimpantes
variées, chers aux bouquins compilations de recettes plus ou
moins modes.
Poivron marseillais
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En discutant avec les maraîchers, le
petit poivron local n’est acheté que par les
locaux, très peu de vacanciers tentent l’expérience
de la forme et du goût différent.
Oignon de Simiane
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Pareil pour le magnifique oignon provençal,
le Simiane, les vacanciers préfèrent
les habituels oignons paille de grandes productions.
Et pourtant,
quel intérêt à la cuisine, si ce n’est la
curiosité, et la découverte de l’autre, proche ou
très éloigné.
Manger, c’est
tout autant se nourrir qu’absorber du sens. Goûter
l’autre, tester ses produits et l’interroger sur ses
pratiques de cuisine et de jardin, c’est certainement une
des manières les plus amusantes pour découvrir celui
qui est étranger à notre culture quotidienne, à
l’imaginaire de sa nourriture.
Loin de moi une quelconque colère, juste une sorte de vague à l’âme. L’acceptation de l’autre, de l’immigré et de notre voisin européen, passe aussi par la quotidienneté, de sa manière de penser, de son rythme de vie et de ses habitudes alimentaires. Une façon de nourrir notre découverte, et de construire peut être une société plus ouverte et tout au moins attentive à qui est l’autre.
Vous voyez, comme le disait Alain Chapel, la cuisine est loin d’être qu’une affaire de recette, mais bien plus un levier de la découverte, et une photographie de la société dans ses évolutions et ses réactions.
Bon demain, plus cool, ce sera recette. D’accord ?