Difficile de parler de quelqu'un que l'on respecte et qui vous
épate. Mais Jean François Piège chef de ce lieu
improbable que sont les ambassadeurs à l'hôtel de
Crillon nous a invité, Maïtena, son copain, Jean François
Kervean et moi. C'est rare d'approcher un tel univers. Surtout que
dans la cuisine de Jean François rien n'est de l'esbroufe. Oui
c'est beau et luxueux. Mais ce ne sont pas les fastes qui épatent,
c'est l'uppercut gustatif que vous assène Jean
François.Parfois, je suis tout ébaudit de considérer
Jean-François comme mon pote. Son énergie et sa
réflexion étant tellement concentrée sur la
pratique de sa cuisine.
Maïtena à trouvée une
image juste. Piège c'est orange mécanique en cuisine.
Je demanderai juste à Daniel Duret de me
préserver de son rire sardonique sur les restaurant trop cher.
Il y a des chances que l'on a pas souvent. Mon truc à moi,
c'est d'essayer d'en partager l'illusoire et délicieux
instant.
Un de ces jours, quand j'en aurai la force, car je crois
que c'est de l'ordre du combat, et la pertinence, je vous parlerai de
ce qui fait pour moi le coeur de la cuisine de Jean François
Piège.
Sur l'idée d'un plateau télé: gâteau de foie blond selon Lucien Tendret version 2005,
|
|
Noix de Saint-Jacques/potiron/tartufi di Alba
|
|
Maïtena un peu béate après le repas.
|
|
J'ai eu la chance que Jean François me demande de lui écrire son dossier de presse. Je vous livre, brut le petit texte que je lui écrit, il correspond bien au bonhomme.
La cuisine des Ambassadeurs.
Jean François Piège fait entrer avec
élégance le restaurant, les Ambassadeurs lieu
historique de l'Hôtel de Crillon, dans l'air du temps.Pour Jean
François Piège, la cuisine est toujours en mouvement, à
l'écoute des changements et inspirée par de nouveaux
produits et de nouveaux tours de main. Mais la pérennité
de cette cuisine française est toujours dans la pertinence des
goûts, propre à évoquer et à construire
des souvenirs.
À trente quatre ans, Jean-François
Piège est depuis Février 2004 à la tête
des cuisines du restaurant des Ambassadeurs.
S'il avoue toujours,
avoir été le gamin qui adorait jardiner avec son
grand-père, pour voir pousser les produits qu'il aimait
manger, son acte de cuisine est comme une tradition permissive,
soucieuse d'évolutions. Car la cuisine du passé n'est
pas celle d'aujourd'hui, et celle d'aujourd'hui, ne peut être
celle de demain.La cuisine de Jean François se joue de ces
parcelles de parfums et de saveurs, que sa jeunesse lui permet de
capturer. Concentrer les goûts, même, les compresser,
pour qu'ils vous éclatent en bouche et vous donnent plus que
du plaisir, voilà son désir.
Il privilégie non pas la ou les recettes,
mais bien plus, la pensée qui permet de transformer, de
cuisiner les produits. Varier les goûts et les textures,
permettent à Jean François Piège de remodeler
l'imaginaire d'un plat, d'un produit, en offrant des angles de
perception différents.
Car en aucun cas, la cuisine ici,
n'est une leçon récitée, mais, le travail d'une
équipe, dirigée à toujours douter, pour ne
jamais s'accommoder du travail laissé en chemin.
Mobilisant
l'écoute et à la curiosité, la cuisine devient
un choix humain du temps qui passe. Un peu comme si nos cinq sens,
étaient mis en mouvement, par la cuisine offerte dans le juste
tempo, des cuissons et des produits.
Ainsi, sans se laisser amuser par le jeux d'une modernité, la cuisine de Jean-François Piège, se veut rassurante, proposé avec sincérité, comme savent le faire les palaces à la française.