ÂPRE. Sensation en bouche
d'un aliment ressenti comme agressif, avec persistance et intensité.
En général la sensation d'âpreté vous
laisse la bouche sèche, pleine de rugosité, comme si
elle avait perdu sa salive. Un fruit immature, un vin trop tannique
et un légume cru peuvent laisser de l'âpreté.
ARLEQUIN.
Jusqu'à la première guerre mondiale, le marché
de la Madeleine à Paris, était spécialisé
dans les arlequins. Les grands restaurants vendaient les reliefs de
viandes desservis lors d'un service. Ces morceaux disparates
formaient comme un costume d'arlequin. Aujourd'hui nous dirions
plutôt des rogatons. Mais n'est pas l'un des secrets de la
cuisine à la maison, faire du neuf avec du vieux. Hier soir
petite forme à la maison roux pour se faire à dîner.
Ouverture du frigigo, qu'est qui-y-a ?
Recette
Six champignons de Paris,
une tranche de lard fumé,
un jus de poulet et un pot de crème.
Largement suffisant pour
faire une sauce pour un fond de paquet de penne.
- Les
lardons finement détaillés, mis à revenir dans
le gras du jus de poulet.
- les lardons grillés, le gras de
cuisson est jeté.
- Ajout des champi, pelés et
émincés.
- Une petit de cuillère en bois. Et
maintenant le jus de poulet bien dégraissé.
- On
fait réduire le tout, presque à sec.
- Un verre de
crème liquide par dessus et un petit coup de bouillon.
-
La sauce est prête pour accueillir les pâtes cuites al
dente.
- Un soupçon de parmesan fraîchement râpé
et le tour est joué.
De rogatons en arlequins c'était
ma foi fort bon.
AROMATE. Tout ingrédient qui
sert à parfumer un plat. Que ce soiet des fleurs
(capucine, câpre), des feuilles (laurier, basilic,
persil, ...), des graines (cumin, carvi, poivre, ...), des
fruits (citron, orange, genièvre, piment,...), des
racines (gingembre, raifort,...), des tiges (citronnelle,
ciboule, fenouil, réglisse,...), ou des bulbes (ail,
oignon, échalote,..), le but est de donner du relief par des
goûts associés à une préparation. De la
même manière que pour les épices, dès
qu'ils auront commencé à pousser au jardin nous ferons
le tour des aromates locaux, comment les utiliser et les
conserver.
ARÔME. Ce serait le parfum
caractéristique des mets, plus subtil et élégant
qu'une simple odeur. En fait, de manière moderne les arômes
sont perçus en mangeant un plat par rétro-olfaction. La
technique est simple, une bouchée, mastiquée, brassée
libère ses arômes qui sont captés au moment de la
déglutition par les percepteurs nasaux. C'est exactement ce
que font les gourmands de vins. Avec un petit bruit pas toujours très
chic, ils aspirent de l'air au travers d'une gorgée de vin
pour souffler par les narines et ainsi percevoir les
arômes.
ARQUEBUSE. Dans la série, vieille
liqueur, l'arquebuse essentiellement parfumée à la
gentiane, l'aigremoine, et à l'artémise avait la
réputation de soigner. Soigner quoi ? La Pourette, femme
célèbre dans le village de mon père en Auvergne,
était réputée pour préparer une eau,
soignant les piqûres de vipères. C'était l'eau de
la Pourette. L'arrière grand père en frictionnait les
truffes de ses chiens piqués à la chasse. Mais la
Pourette, était aussi connue pour la médication qu'elle
s'accordait, chaque semaine en venant faire se courses au village. La
technique était simple, elle balisait sa descente de
Saint-Privat dans chaque café en buvant un mélange
d'arquebuse et d'eau de noix sensé soigner le mal de tête.
En remontant, re-balisage mais avec cette fois un Pernod à
chaque étape, pour soigner le mal au ventre. Il y avait à
cette époque, sept débits de boisson sur cent cinquante
mètres. La Pourette est morte de vieillesse.
ARROSER.
Le poulet, le rôti de boeuf ou de porc, et toutes viandes
saisie au four demandent à être arrosées. Et
jamais avec de l'eau malheureux ! L'eau produisant de la vapeur
ramollirait le côté croustillant, du rôti.
Seulement le gras de cuisson doit arroser la pièce à
rôtir pour éviter tout dessèchement
inopportun.
ASPIC. Qu'elle drôles de petite chose
que l'aspic, visant à enfermer dans une coque de gelée
parfumée, au Marsala, au Xérès, ou au porto. Une
seule fois, j'ai eu droit à un aspic merveilleux, avec une
gelée légère comme un souffle et surtout avec un
oeuf mollet qui libéré son jaune sous la rupture de
l'apprêt. Car l'aspic est un apprêt, célèbre
pour la cuisine bourgeoise du XIX°, qui moulé laissait
voir en transparence un filet de sole roulé sur lui même,
un oeuf, du foie gras, des crustacés, ou ce que l'on veut. Je
suis d'ailleurs en train de faire un aspic dans un moule à
Flamby, à démouler à table, avec un bouillon de
couscous. Dès que l'histoire est au point je vous la livre.
Quand à l'origine du nom, c'est bien sur le serpent l'aspic,
qui lové, a inspiré les cuisiniers du XVII°
siècle.
ASSAISONNEMENT. Tout ce qui sert à
relever, et mettre en valeur une préparation culinaire. Tout
en apportant son parfum propre, l'assaisonnement joue comme un
exhausteur de goût pour un plat, traçant le relief de
l'envie d'en reprendre. Assaisonner a longtemps signifié le
fait d'attendre la bonne saison pour qu'un fruit soit à
maturité.