En 2001, les succès de la Chine sur la scène internationale et la campagne antiterroriste suite aux attentats du 11 septembre ont été accompagnés par une augmentation des violations des droits de l'homme, selon le rapport annuel de l'organisation Human Rights Watch (HRW). Parallèlement à l'accession de la Chine à l'OMC et au choix de Pékin pour les J.O. de 2008, les dirigeants chinois ont "arrêté des universitaires, fermé des magazines et des journaux, contrôlé étroitement les contenus de l'internet", selon l'organisation basée à New York. Ils ont aussi "remis au goût du jour une campagne "frapper fort" faisant fi des garde-fous légaux pour les suspects de droit commun, les terroristes et séparatistes présumés et les prétendus extrémistes religieux", a ajouté HRW. Et si les experts en droit se sont efforcés de professionnaliser le système juridique chinois, "l'Etat de droit" a souvent servi à justifier des politiques répressives. Le contrôle sur Internet s'est considérablement renforcé en 2001. Les autorités chinoises "ont exigé des portails ayant pour seules sources d'information des médias contrôlés par l'Etat" et le nombre des policiers chargés de surveiller Internet a été porté à plus de 300.000, poursuit l'organisation américaine. HRW critique aussi les sociétés basées aux Etats-Unis qui opèrent sur Internet en Chine et se plient aux volontés du régime, comme Sohu.com, partiellement détenu par le groupe Dow Jones. Sohu met en garde les internautes : "Si vous êtes un ressortissant chinois et choisissez volontairement d'enfreindre ces lois (par ex. en critiquant la constitution chinoise ou nuisant à la réputation de la Chine), Sohu.com est légalement tenu de vous dénoncer au Bureau de la sécurité publique". Et selon une note de service interne d'AOL, rapportée par HRW, cette société indique qu'elle fournirait des informations sur des dissidents, à la demande des autorités chinoises. La Chine a poursuivi sa politique de répression à l'égard de divers mouvements spirituels ou religieux, notamment du Falungong et du Zhonggong. Pékin a mis en place un groupe d'études spécial pour mettre le christianisme et l'islam "en conformité avec le socialisme". Au Tibet, la campagne "frapper fort" vise notamment "ceux qui aident des gens à passer la frontière". Au Xinjiang, à majorité musulmane, les autorités ont arrêtés "605 suspects, détruit six organisations séparatistes et terroristes" et exhibé des "criminels" au cours de centaines de rassemblements publics.